Encadrement des loyers en 2026 : ce que chaque propriétaire doit savoir

Façades d’immeubles parisiens

L’encadrement des loyers est l’une des réglementations les plus discutées dans l’immobilier locatif français. En 2026, l’expérimentation de l’encadrement du niveau des loyers arrive à son terme et son avenir se joue au Parlement. Pour les propriétaires bailleurs, ignorer ces règles peut coûter cher. Ce guide vous explique concrètement comment ça fonctionne, où ça s’applique et comment adapter votre stratégie.

L’encadrement des loyers prend-il fin en 2026 ?

Mise à jour : à la date du 3 octobre 2026, rien n’est tranché. L’expérimentation de l’encadrement du niveau des loyers arrive à échéance fin novembre 2026. Une proposition de loi qui le rend permanent a été adoptée par l’Assemblée nationale. Le Sénat l’examinera en séance publique le 21 octobre 2026. D’ici là, les règles actuelles continuent de s’appliquer.

Deux dispositifs, deux calendriers

DispositifCe qu’il imposeOù, en Île-de-FranceÉchéance
Encadrement du niveau des loyers (article 140 de la loi ELAN du 23 novembre 2018, prolongé par la loi 3DS du 21 février 2022)Le loyer de base ne doit pas dépasser le loyer de référence majoré (loyer de référence + 20 %), fixé chaque année par arrêté préfectoral.Paris, Plaine Commune, Est EnsembleExpérimentation de huit ans à compter de la publication de la loi ELAN : fin novembre 2026. Les arrêtés en vigueur courent jusqu’au 24 novembre 2026.
Encadrement de l’évolution des loyers en zone tendue (article 18 de la loi du 6 juillet 1989, décret n° 2017-1198 du 27 juillet 2017)À la relocation et au renouvellement, le loyer ne peut pas augmenter librement.Toutes les communes en zone tendue, dont Paris, Cergy et CourbevoieProrogé par le décret n° 2026-644 du 20 juillet 2026 pour les baux conclus ou renouvelés du 1er août 2026 au 31 juillet 2027. L’échéance de novembre ne le concerne pas.

En Île-de-France, seuls trois territoires appliquent l’encadrement du niveau des loyers :

  • Paris, depuis le 1er juillet 2019 ;
  • Plaine Commune, depuis le 1er juin 2021 : Aubervilliers, Épinay-sur-Seine, L’Île-Saint-Denis, La Courneuve, Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Denis, Saint-Ouen-sur-Seine, Stains, Villetaneuse ;
  • Est Ensemble, depuis le 1er décembre 2021 : Bagnolet, Bobigny, Bondy, Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin, Romainville.

Hors Île-de-France, le dispositif s’applique à Lille (avec Hellemmes et Lomme), Lyon, Villeurbanne, Bordeaux, Montpellier, une partie de Grenoble-Alpes Métropole et 24 communes de la communauté d’agglomération Pays basque. Cergy, Courbevoie et Nanterre n’y sont pas soumises.

Où en est la prolongation ?

  • 11 décembre 2025 : l’Assemblée nationale adopte en première lecture la proposition de loi « pour retrouver la confiance et l’équilibre dans les rapports locatifs ». Le texte supprime le caractère expérimental du dispositif. Il plafonne aussi le complément de loyer à 20 % du loyer de référence majoré et porte l’amende administrative à 10 000 € pour une personne physique et 30 000 € pour une personne morale.
  • Fin juin 2026 : selon la presse, le ministre du Logement envisage de prolonger le dispositif dans les seuls territoires qui l’appliquent déjà, sans l’ouvrir à de nouvelles communes. Début septembre, un adjoint à la maire de Paris affirme que le ministre s’est engagé à le reconduire pour deux ans.
  • 21 octobre 2026 : le Sénat examine le texte en séance publique et peut encore le modifier. Le texte devra ensuite être adopté définitivement par le Parlement, puis promulgué.

Prolongation, pérennisation ou arrêt : aucune issue n’est acquise à ce jour.

Ce que cela change pour un bailleur à Paris

  • Jusqu’au 24 novembre 2026, rien ne change. Le loyer de base ne doit pas dépasser le loyer de référence majoré en vigueur à la date de signature du bail. Le bail mentionne le loyer de référence et le loyer de référence majoré, et l’annonce obéit à des règles spécifiques. L’amende administrative peut atteindre 5 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale.
  • Si une loi prolonge ou pérennise le dispositif, les loyers de référence continueront d’être fixés par arrêté préfectoral, avec les éventuels changements votés (plafond du complément de loyer, montant des amendes).
  • Si aucun texte n’est promulgué à temps, les arrêtés actuels ne fixent pas de loyers de référence au-delà du 24 novembre 2026. Paris étant en zone tendue, l’encadrement de l’évolution des loyers continuerait de s’y appliquer à la relocation et au renouvellement.
  • Ne misez pas sur la fin du dispositif. Un bail signé avant l’échéance doit respecter le plafond en vigueur le jour de sa signature.

Les mêmes règles valent à Plaine Commune et à Est Ensemble.

Ce que cela change pour un bailleur à Cergy ou à Courbevoie

Ni Cergy ni Courbevoie n’ont appliqué de loyers de référence : la fin de l’expérimentation n’y change rien. Mais les deux communes sont en zone tendue. L’encadrement de l’évolution des loyers s’y applique donc aux baux conclus ou renouvelés jusqu’au 31 juillet 2027 :

  • Première location, ou logement vide depuis 18 mois ou plus : le loyer est libre. Exception : après 18 mois de vacance, un logement classé F ou G au DPE ne peut pas être loué plus cher qu’au précédent locataire.
  • Relocation après moins de 18 mois de vacance : le nouveau loyer ne peut pas dépasser celui du précédent locataire. Il peut être augmenté de la variation de l’IRL si le loyer n’a pas été révisé au cours des 12 derniers mois.
  • Hausses autorisées : après des travaux d’amélioration ou de mise en décence d’au moins 50 % de la dernière année de loyer, le loyer annuel peut augmenter de 15 % au plus du coût TTC des travaux. Il redevient libre après des travaux d’amélioration d’au moins une année de loyer réalisés depuis moins de 6 mois. Si le loyer est manifestement sous-évalué, la hausse est limitée à 50 % de l’écart avec les loyers du voisinage.
  • Logement classé F ou G : aucune hausse, ni à la relocation, ni à la révision annuelle.

À surveiller en 2027 : la liste des communes en zone tendue retenue pour l’encadrement de l’évolution des loyers figure dans l’annexe d’un décret du 10 mai 2013. Le décret n° 2026-831 du 25 août 2026 abroge ce texte au 1er janvier 2027. À la date du 3 octobre 2026, le décret de 2017 y renvoie toujours. Avant une relocation en 2027, vérifiez la liste applicable.

Vous investissez en zone tendue ? Le loyer fixé à la première location sert de base aux relocations suivantes. Intégrez ces règles dans votre simulation de rentabilité, lisez notre guide pour investir en zone tendue en 2026 et découvrez notre accompagnement des investisseurs. En gestion locative, nous appliquons ces règles à chaque relocation et à chaque renouvellement. Pour fixer le loyer d’un bien à Paris, à Cergy, à Courbevoie ou ailleurs en Île-de-France, confiez-nous sa mise en location ou prenez rendez-vous.

Qu'est-ce que l'encadrement des loyers ?

L’encadrement des loyers est un mécanisme légal qui plafonne le montant des loyers que les propriétaires peuvent demander dans certaines zones géographiques. Il existe en réalité deux dispositifs distincts qu’il ne faut pas confondre.

L’encadrement de l’évolution des loyers (zones tendues)

Dans les communes en zone tendue (liste fixée par décret), un propriétaire ne peut pas augmenter le loyer entre deux locataires au-delà de l’IRL (indice de référence des loyers) si le logement a été loué au cours des 18 derniers mois. En clair : si vous venez de récupérer votre bien, vous ne pouvez pas fixer un loyer supérieur au dernier loyer pratiqué, réévalué selon l’IRL.

Précision : des exceptions existent. Le loyer est libre pour une première location, après 18 mois de vacance ou plus, ou après des travaux d’amélioration d’au moins une année de loyer réalisés depuis moins de 6 mois. Des travaux d’au moins la moitié d’une année de loyer, ou un loyer manifestement sous-évalué, permettent une hausse limitée. Aucune de ces hausses n’est possible pour un logement classé F ou G au DPE.

L’encadrement du niveau des loyers (article 140 de la loi ELAN)

Ce second dispositif est plus contraignant : il fixe un loyer de référence, un loyer de référence majoré (loyer de référence + 20 %) et un loyer de référence minoré (70 %). Le bailleur ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré, sous peine de devoir rembourser le trop-perçu et de payer une amende.

Où l'encadrement s'applique-t-il en 2026 ?

En 2026, l’encadrement du niveau des loyers (le dispositif le plus contraignant) s’applique dans les communes et agglomérations suivantes :

  • Paris (intramuros) — dispositif pionnier, en vigueur depuis 2019
  • Lille, Hellemmes, Lomme — depuis 2020
  • Plaine Commune (Saint-Denis, Aubervilliers, L’Île-Saint-Denis, La Courneuve, etc.) — depuis 2021
  • Lyon et Villeurbanne — depuis 2021
  • Est Ensemble (Bagnolet, Bobigny, Bondy, Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin, Romainville) — depuis 2021
  • Bordeaux — depuis 2022
  • Montpellier — depuis 2022
  • Une partie de Grenoble-Alpes Métropole — depuis le 20 janvier 2025
  • 24 communes de la communauté d’agglomération Pays basque — depuis le 25 novembre 2024

Attention : Cergy, Courbevoie et Nanterre ne sont pas soumises à l’encadrement du niveau des loyers. Elles sont en revanche en zone tendue : l’encadrement de l’évolution des loyers s’y applique à la relocation et au renouvellement. Ce n’est pas le cas de toute l’agglomération de Cergy-Pontoise : Boisemont et Menucourt ne sont pas en zone tendue. Vérifiez la situation de votre commune sur service-public.fr.

Comment fonctionne le loyer de référence ?

Dans les zones soumises au dispositif renforcé, les loyers de référence sont fixés chaque année par arrêté préfectoral, sur la base des données collectées par les observatoires locaux des loyers. Ils varient selon :

  • Le type de location (vide ou meublé)
  • La période de construction de l’immeuble
  • Le nombre de pièces
  • Le secteur géographique (découpage en zones ou quartiers)

Pour trouver le loyer de référence applicable à votre bien, rendez-vous sur le simulateur en ligne de l’observatoire local (par exemple l’OLAP pour Paris et l’Île-de-France ou les simulateurs mis en place par chaque agglomération concernée).

Qu'est-ce qu'un complément de loyer ?

La loi prévoit une exception : le complément de loyer. Si votre logement présente des caractéristiques exceptionnelles de localisation ou de confort, par rapport aux logements de la même catégorie dans le même secteur, vous pouvez appliquer un loyer supérieur au loyer de référence majoré, à condition de justifier ce complément dans le bail.

Les caractéristiques pouvant justifier un complément de loyer sont, par exemple : vue exceptionnelle, terrasse privative de grande superficie, services hôteliers, localisation dans un immeuble historique de prestige. Un simple parquet ou une cuisine récente ne constituent pas des caractéristiques exceptionnelles. Le complément de loyer doit être mentionné dans le bail avec sa justification précise.

Le locataire dispose de trois mois après la signature du bail pour contester le complément de loyer devant la Commission de conciliation. En cas de contestation, le propriétaire doit prouver le caractère exceptionnel.

Que se passe-t-il en cas de dépassement ?

Si votre loyer dépasse le loyer de référence majoré sans complément de loyer justifié, le locataire peut demander la réduction du loyer à la Commission départementale de conciliation, puis au tribunal. Il peut obtenir le remboursement du trop-perçu. Une amende administrative peut aussi être prononcée : jusqu’à 5 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale.

À Paris, le locataire peut aussi signaler le dépassement à la Ville de Paris.

Les mentions obligatoires dans le bail

Dans les zones soumises à l’encadrement du niveau des loyers, le bail doit obligatoirement mentionner :

  • Le loyer de référence et le loyer de référence majoré correspondant au logement
  • Le montant et la justification du complément de loyer, le cas échéant
  • Le loyer du précédent locataire (si applicable dans le cadre de l’encadrement à la relocation)

Si le bail ne mentionne pas le loyer de référence majoré, le locataire a un mois à compter de la prise d’effet du bail pour mettre le propriétaire en demeure de le faire. Il peut ensuite saisir le juge pour obtenir, le cas échéant, une diminution du loyer.

Encadrement des loyers et rentabilité : comment s'adapter ?

L’encadrement des loyers peut sembler contraignant pour les propriétaires. En réalité, son impact sur la rentabilité dépend du positionnement de départ.

Si vous avez acheté votre bien à un prix cohérent avec le marché locatif local, le loyer de référence vous permet généralement d’obtenir un rendement correct. Si votre bien a été acheté à un prix élevé et que vous espériez compenser par un loyer supérieur au marché, l’encadrement peut effectivement comprimer votre rendement.

Plusieurs leviers permettent de maximiser la rentabilité dans un contexte d’encadrement : opter pour la location meublée (loyers de référence majorés), justifier un complément de loyer si votre bien le permet, ou investir dans des améliorations qui augmentent l’attractivité sans dépasser les plafonds.

L'encadrement des loyers s'applique-t-il aux colocations ?

Oui. Dans les zones d’encadrement, le loyer global de la colocation doit respecter les mêmes plafonds qu’un bail classique, calculés sur la base de la surface totale du logement. Le propriétaire ne peut pas contourner l’encadrement en fractionnant le loyer entre plusieurs locataires.

Le rôle de l'agence dans la conformité

Une agence de gestion locative professionnelle connaît les règles d’encadrement applicables dans chaque zone. Elle vous aide à fixer le bon loyer dès le départ, à rédiger des baux conformes et à anticiper les évolutions réglementaires.

Rental Expert accompagne les propriétaires bailleurs en Île-de-France dans le respect de ces obligations. Nous vérifions systématiquement les loyers de référence applicables avant toute mise en location et intégrons les mentions obligatoires dans chaque bail que nous rédigeons.

Conclusion

L’encadrement des loyers est une réalité de plus en plus présente dans le paysage locatif français. En 2026, son avenir dépend du vote du Parlement. Ignorer ces règles expose à des sanctions financières sérieuses.

La bonne approche : vérifier systématiquement les règles applicables à votre bien avant chaque mise en location, intégrer les mentions obligatoires dans votre bail, et vous faire accompagner par des professionnels qui maîtrisent ces réglementations.

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