Location meublée : la liste complète du mobilier obligatoire et comment bien équiper son bien
Louer en meublé permet de bénéficier d’un régime fiscal avantageux, d’une plus grande flexibilité de bail et souvent d’un loyer plus élevé qu’en nu. Mais pour être légalement qualifiée de « meublée », votre location doit répondre à des critères précis. Voici la liste complète du mobilier obligatoire en 2026, et nos conseils pour équiper votre bien intelligemment.
Liste des équipements obligatoires en location meublée (à jour au 3 octobre 2026)
Réponse courte : un logement loué meublé comme résidence principale du locataire doit contenir au minimum 11 éléments.
Précision : ils sont fixés par l’article 2 du décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015, pris en application de l’article 25-4 de la loi du 6 juillet 1989, issu de la loi ALUR. Ce décret n’a pas été modifié depuis son entrée en vigueur, le 1er septembre 2015. La liste vaut pour le bail meublé classique comme pour le bail mobilité.
La loi pose le principe : le mobilier doit être « en nombre et en qualité suffisants » pour permettre au locataire d’y dormir, manger et vivre convenablement. Le décret précise aussi que chaque pièce est équipée d’éléments de mobilier conformes à sa destination.
Tableau à cocher : les 11 éléments du décret
Imprimez ce tableau et cochez chaque ligne avant la remise des clés. La deuxième colonne reprend le texte officiel. La colonne « En pratique » donne des exemples : ce sont des conseils, pas des exigences du décret.
| N° | Élément exigé (texte du décret) | En pratique | Présent |
|---|---|---|---|
| 1 | Literie comprenant couette ou couverture | Un couchage complet par occupant prévu : lit, matelas, oreiller, couette ou couverture. | ☐ |
| 2 | Dispositif d’occultation des fenêtres dans les pièces destinées à être utilisées comme chambre à coucher | Volets, stores occultants ou rideaux épais dans chaque chambre, et dans la pièce principale d’un studio. | ☐ |
| 3 | Plaques de cuisson | Table de cuisson en état de marche (électrique, induction ou gaz). | ☐ |
| 4 | Four ou four à micro-ondes | L’un ou l’autre suffit. | ☐ |
| 5 | Réfrigérateur et congélateur ou, au minimum, un réfrigérateur doté d’un compartiment permettant de disposer d’une température inférieure ou égale à -6 °C | Un réfrigérateur sans compartiment congélation ne suffit pas. Vérifiez la température indiquée par le fabricant. | ☐ |
| 6 | Vaisselle nécessaire à la prise des repas | Assiettes, bols, verres et couverts au moins pour chaque occupant prévu. | ☐ |
| 7 | Ustensiles de cuisine | Casseroles, poêle, couteau de cuisine, planche, spatule, passoire. | ☐ |
| 8 | Table et sièges | Une table et autant de chaises ou de tabourets que d’occupants prévus. | ☐ |
| 9 | Étagères de rangement | Étagères, bibliothèque ou placard équipé de tablettes. | ☐ |
| 10 | Luminaires | Plafonnier, applique ou lampe dans chaque pièce, ampoules en place. | ☐ |
| 11 | Matériel d’entretien ménager adapté aux caractéristiques du logement | Aspirateur s’il y a de la moquette, balai et serpillière pour du carrelage (exemples donnés par service-public.fr). | ☐ |
Chaque élément doit fonctionner le jour de la remise des clés. Un appareil hors d’usage ne remplit pas son rôle : remplacez-le avant l’entrée du locataire.
Le canapé est-il obligatoire en location meublée ?
Non. Le canapé ne figure pas dans la liste du décret. L’obligation porte sur une « table et sièges » : des chaises ou des tabourets pour prendre les repas. Un canapé améliore le confort et la présentation du logement, mais aucun texte ne l’impose.
Le décret n’impose pas non plus de lave-linge, de lave-vaisselle, de télévision, de bureau ni de linge de maison (draps, serviettes). Ces équipements restent facultatifs.
Que se passe-t-il s’il manque un élément ?
Sans l’ensemble des 11 éléments, le logement ne répond pas à la définition légale du meublé. En cas de litige sur le type de bail, le locataire ou le propriétaire saisit, par assignation, le juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement. Le juge peut alors requalifier le bail meublé en bail de logement vide. Les règles de la location vide s’appliquent, notamment :
- une durée de bail de 3 ans minimum (6 ans si le bailleur est une personne morale, hors SCI familiale), au lieu de 1 an (9 mois pour un étudiant) ;
- un dépôt de garantie limité à 1 mois de loyer hors charges, au lieu de 2 mois ;
- un congé du bailleur à donner au moins 6 mois avant l’échéance du bail, au lieu de 3 mois.
Votre meilleure preuve reste l’inventaire et l’état détaillé du mobilier. Ils sont établis à l’entrée et à la sortie, signés par les deux parties et joints au bail (article 25-5 de la loi du 6 juillet 1989). Leur établissement ne peut donner lieu à aucune facturation en plus de celle de l’état des lieux.
Mise à jour : le contrat type de bail meublé applicable aux baux conclus ou renouvelés depuis le 1er octobre 2026 (décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026) prévoit toujours cet inventaire en annexe.
Colocation meublée : ce qui change
Il n’existe pas de liste propre à la colocation : le même décret s’applique au logement. Mais le mobilier doit être « en nombre et en qualité suffisants » pour tous les occupants. En pratique :
- un dispositif d’occultation dans chaque chambre, comme l’exige le décret ;
- une literie complète par colocataire, ainsi que vaisselle, sièges et rangements pour chacun ;
- en cas de baux individuels, chaque bail précise la chambre dont le colocataire a l’usage privatif et les parties communes. Cette chambre doit mesurer au moins 9 m² et 20 m³ (article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989), et la décence s’apprécie sur l’ensemble du logement, équipements compris ;
- avec des baux individuels, la durée peut varier selon le colocataire : 9 mois pour un étudiant, 1 an pour les autres.
Conseil : établissez un inventaire par bail, qui distingue le mobilier de la chambre et celui des parties communes.
À noter : la colocation est l’une de nos spécialités : nos honoraires de gestion sont de 8 % TTC du loyer charges comprises en colocation, et de 5 % TTC en location classique. Voir notre offre de gestion locative, le détail de nos honoraires et notre accompagnement pour mettre un bien en location.
Questions fréquentes sur la liste du mobilier
Le mobilier doit-il être neuf ?
Non. Il doit être en bon état de fonctionnement et permettre de vivre normalement dans le logement. Notez l’état de chaque élément dans l’inventaire.
La liste s’applique-t-elle au bail mobilité ?
Oui. Le bail mobilité porte sur un logement meublé : les mêmes 11 éléments sont exigés.
La liste a-t-elle changé en 2026 ?
Non. Au 3 octobre 2026, le décret du 31 juillet 2015 n’a jamais été modifié. Le contrat type de bail meublé a, lui, été mis à jour pour les baux conclus ou renouvelés depuis le 1er octobre 2026, sans changer la liste du mobilier.
Existe-t-il une version PDF de cette liste ?
Le tableau ci-dessus s’imprime directement depuis votre navigateur (Ctrl + P, puis « Enregistrer au format PDF » si vous voulez un fichier). Cochez-le pièce par pièce, puis reportez chaque élément dans l’inventaire joint au bail.
Ce que la liste ne précise pas — mais qui compte
Le décret fixe les catégories, pas les quantités ni la qualité. C’est là que l’interprétation entre en jeu. « Vaisselle nécessaire à la prise des repas » signifie concrètement : au moins autant d’assiettes, de verres et de couverts que de couchages prévus dans le logement.
Le mobilier doit permettre au locataire d’habiter le logement normalement dès son arrivée, sans avoir à apporter ses propres meubles. Un logement avec une simple table de camping et un matelas au sol ne remplit pas cette condition, même si les onze catégories sont formellement présentes.
L'inventaire : une pièce essentielle
L’inventaire du mobilier est un document qui liste précisément tous les équipements présents dans le logement, pièce par pièce, avec leur état. Il doit être annexé au bail et signé par les deux parties. Il est obligatoire pour toute location meublée.
L’inventaire sert de référence à l’état des lieux de sortie : tout mobilier manquant ou dégradé au-delà de l’usure normale pourra être retenu sur le dépôt de garantie. Un inventaire flou ou incomplet rend difficile l’imputation de responsabilités à la sortie.
Conseil pratique : réalisez l’inventaire avec photos datées, pièce par pièce. Mentionnez l’état de chaque élément (neuf, bon état, état correct, usure visible). Partagez le document numérique signé avec le locataire.
Budget mobilier : combien faut-il prévoir ?
Le budget d’ameublement d’un bien locatif varie selon la taille du logement et le positionnement souhaité. Voici des fourchettes réalistes en 2026.
Studio (25 à 35 m²)
Pour un studio standard, comptez entre 2 000 et 4 000 euros pour un équipement complet et fonctionnel. Ce budget couvre : lit avec cadre et literie, bureau et chaise, table basse ou table à manger avec chaises, cuisine équipée de base (plaques, micro-ondes, réfrigérateur), vaisselle, rangements, luminaires.
T2 (40 à 55 m²)
Pour un T2, le budget monte entre 4 000 et 7 000 euros. Le canapé d’un salon séparé, une chambre correctement meublée (lit double ou deux lits simples, armoire ou penderie) et une cuisine plus complète font monter l’addition.
T3 et au-delà
Pour un T3, prévoyez entre 7 000 et 12 000 euros selon le positionnement. Les biens haut de gamme (colocation premium, expatriés, cadres en mission) peuvent justifier des investissements supérieurs avec un mobilier de qualité et un design soigné.
Où acheter le mobilier ? Les meilleures options
IKEA
La référence pour meubler à budget maîtrisé. Les collections KALLAX (rangements), HEMNES (chambre) et LACK (tables) sont des valeurs sûres. Leur entretien facile et leur disponibilité des pièces de rechange en font des choix pratiques pour le locatif.
Les enseignes spécialisées locatif
Des acteurs comme Baluchon ou Miliboo proposent des packs d’ameublement spécialement conçus pour la location meublée, avec un rapport qualité/prix optimisé et une livraison et installation possibles. Ces offres « tout-en-un » gagnent du terrain parmi les investisseurs qui ne veulent pas perdre du temps à sélectionner chaque meuble.
La seconde main
Pour les propriétaires soucieux de leur budget ou de leur empreinte environnementale, la seconde main (Vinted, Leboncoin, ressourceries) peut couvrir une partie de l’ameublement.
Attention : le mobilier doit être en bon état et représentatif d’un logement correctement entretenu — un canapé élimé ou une chaise bancale nuisent à l’image de votre bien.
Le renouvellement du mobilier : quand et comment ?
Le mobilier d’un bien locatif s’use plus vite que celui d’une résidence principale. Prévoyez un budget de renouvellement d’environ 300 à 500 euros par an pour un studio, proportionnellement plus pour les grandes surfaces.
Les éléments qui s’usent le plus vite sont les textiles (draps, couettes — à renouveler tous les 3 à 5 ans), les chaises et tabourets (stabilité à vérifier à chaque changement de locataire), la vaisselle (casse régulière) et les luminaires (ampoules à changer, abat-jour à renouveler).
En revanche, un canapé de bonne qualité peut durer 8 à 10 ans, une armoire 15 à 20 ans. L’investissement initial dans du mobilier solide est rentable sur le long terme.
Mobilier et fiscalité : l'amortissement LMNP
L’un des grands avantages de la location meublée sous le régime LMNP (loueur meublé non professionnel) est la possibilité d’amortir comptablement le mobilier. Concrètement, vous pouvez déduire chaque année une fraction du coût d’achat du mobilier de vos revenus locatifs imposables.
La durée d’amortissement est généralement de 5 à 10 ans pour le mobilier et les équipements électroménagers. Cela signifie qu’un canapé acheté 800 euros peut générer 80 à 160 euros de déduction fiscale par an. Sur l’ensemble du mobilier d’un appartement, l’amortissement peut réduire significativement votre base imposable — voire la ramener à zéro si vos charges sont élevées.
Ce mécanisme est l’une des raisons pour lesquelles le régime LMNP au réel est si attractif. Assurez-vous de conserver toutes les factures d’achat du mobilier pour votre comptable.
Les erreurs à éviter lors de l'ameublement
Première erreur : ne pas respecter la liste obligatoire et se retrouver en location nue requalifiée.
Deuxième erreur : acheter du mobilier trop personnel ou trop stylisé, qui ne plaira pas à tous les locataires. Le locatif appelle la neutralité : blanc, gris, bois naturel sont vos alliés.
Troisième erreur : négliger la qualité pour économiser, et se retrouver à tout remplacer après le premier locataire.
Quatrième erreur : oublier l’inventaire ou le réaliser de manière trop vague.
Cinquième erreur : ne pas mettre à jour l’inventaire lors de chaque renouvellement de mobilier — si vous remplacez le canapé et que l’inventaire mentionne encore l’ancien, vous serez en difficulté en cas de litige.
Conclusion
Bien meubler un logement locatif, c’est d’abord respecter la loi : les 11 éléments du décret sont un minimum, pas un plafond. Un logement complet, fonctionnel et bien entretenu limite les litiges et simplifie la gestion au quotidien.
Si vous souhaitez être accompagné dans la mise en location de votre bien meublé — de la rédaction du bail à l’état des lieux d’entrée — Rental Expert est là pour vous aider.
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